la maladie valvulaire dégénerative

 

Votre chien souffre d’une maladie cardiaque appelée maladie valvulaire dégénérative, ce document est fait pour vous aider à comprendre son fonctionnement et son traitement. De cette façon, vous pourrez mieux analyser les signes cliniques de votre compagnon et comprendre l’importance du traitement et du suivi.

Qu’est ce que la maladie valvulaire dégénérative ?

  • c’est une maladie liée au vieillissement de votre chien et à sa valve mitrale qui est moins étanche avec les années qui passent

Qu’est ce que la valve mitrale ?

  • C’est une petite valve entre l’oreillette et le ventricule gauches qui empêche le sang provenant de l’oreillette d’y retourner lorsque le ventricule se contracte.

 

Fonctionnement du cœur

Le sang, passé par les poumons ou il s’est chargé en oxygène, arrive dans le cœur par l’oreillette gauche. Il passe ensuite dans le ventricule gauche qui représente à lui seul plus de la moitié du cœur. Ce ventricule gauche est une énorme pompe qui va envoyer le sang dans tout le corps pour distribuer l’oxygène à chaque organe.

Le sang va ensuite revenir dans le cœur, aspiré par l’oreillette droite. Il passe ensuite dans le ventricule droit qui va l’envoyer de nouveau vers les poumons se recharger en oxygène.

Et la boucle est bouclée… le cœur fonctionne un peu comme le circulateur d’un chauffage central qui envoi l’eau chaude dans vos radiateurs.

 

 

 

 

 

Comprendre cette maladie

Comme vous l’avez compris le cœur est donc une pompe qui fait circuler le sang. Sa partie la plus importante et la plus forte est donc le ventricule gauche qui doit envoyer le sang via l’aorte a tout l’organisme… du bout de la truffe jusqu’au bout de la queue. Il est donc important lorsqu’il se contracte que tout le sang soit bien envoyé dans cette aorte et ne retourne pas dans l’oreillette gauche d’où il vient ! Pour cela, il y a une petite valve, appelée « valve mitrale », qui permet au sang de passer de l’oreillette au ventricule mais pas l’inverse. Avec les années qui passent, cette valve va fatiguer et s’abîmer. Elle finira par ne plus être totalement étanche. Ainsi, à chaque contraction du ventricule, une petite proportion du sang fera chemin inverse et retournera dans l’oreillette gauche, d’où il vient !

 

 

Evolution de cette maladie

Enormément de chiens ont un léger reflux sur leur valve mitrale. Chez la plupart d’entre eux, cela n’a aucune répercussion sur le fonctionnement du cœur et ils n’en seront jamais gênés jusqu’à la fin de leur vie.

Par contre, pour quelques-uns, cette petite défaillance de la valve va évoluer et s’empirer au cours du temps. L’oreillette gauche va donc recevoir le sang venant des poumons, mais va aussi récupérer une partie du sang qu’elle avait déjà envoyé dans le ventricule. Cette oreillette va très mal gérer cette surcharge et n’aura aucun autre moyen pour compenser cette surpression que de gonfler comme un ballon. A ce stade, même si la maladie est déjà bien avancée, rien n’y parait. Le cœur « compense » et votre chien continue à vivre sans ne montrer aucun signe.

Malheureusement un jour, comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’oreillette reçoit « sa goutte de sang » de trop. La surpression est telle qu’il ne peut plus la contenir. Cette hypertension va se propager en amont vers les vaisseaux pulmonaires et très vite l’oedeme pulmonaire va apparaitre. Les signes vont s’enchainer, votre chien va se mettre à tousser, la respiration va s’accélérer, et il aura de plus en plus de mal à faire un effort.

 

L’échographie incontournable dans le suivi

Beaucoup de paramètres peuvent être mesurés mais le plus important est la taille de l’oreillette gauche. Vous savez maintenant que l’oreillette gauche va se dilater au fur et à mesure que la maladie avance. En mesurant sa taille, on peut donc suivre l’évolution de la pathologie, mais surtout prévoir l’apparition des signes cliniques. Ce suivi permet de mettre en place et d’adapter les traitements de façon extrêmement précoce. Seule l’échographie permet de mesurer avec précision la taille de cette oreillette. Lors de cette examen, de nombreux autres paramètres seront mesurés afin d’affiner le diagnostic.

 

Le suivi à la maison

En plus des échographies et auscultations régulières (tous les 3,6 ou 12 mois suivant le stade), une surveillance « éclairée » à la maison est très utile. En effet, c’est vous qui vivez chaque jour avec votre chien, chaque matin, chaque soir… et chaque nuit. Donc c’est vous qui observerez l’apparition des premiers signes cliniques. En voici quelques-uns qui doivent vous interpeler et vous conduire à consulter :

  • Votre chien se met à tousser, notamment la nuit, ou lorsqu’il se retourne dans son panier
  • Votre chien a une respiration plus rapide au repos. Une fois par semaine, pendant son sommeil, comptez combien de fois votre chien respire par minute. Ce chiffre est supérieur à 30, cela peut être lié à sa pathologie cardiaque. 
  • Votre chien montre une intolérance à l’effort. Il montre des signes de fatigue plus tôt lors de sa ballade, il s’arrête plus tôt de jouer avec sa balle dans le jardin…